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Salaires au Maroc : combien les salariés gagnent-ils réellement grâce à la baisse de l'IR ?

Depuis janvier 2025, la réforme de l'impôt sur le revenu permet à de nombreux salariés marocains de conserver une part plus importante de leur rémunération. Avec des gains fiscaux pouvant dépasser 500 DH par mois pour certains revenus, et une nouvelle réduction pour charges de famille en 2026, Chronexium détaille les changements et compare les montants avant et après la réforme.

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Billets de dirhams marocains illustrant les gains sur les salaires liés à la réforme de l'impôt sur le revenu 2027.
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Le salaire des Marocains pourrait connaître une nouvelle amélioration dès janvier 2027, sans augmentation du montant brut versé par les employeurs. À l'occasion de la rentrée parlementaire et de la présentation du projet de loi de finances 2027, Fouzi Lekjaa a dévoilé une réforme de l'impôt sur le revenu destinée à alléger davantage les prélèvements sur les rémunérations.

L'ambition annoncée est importante : exonérer 87 % des salariés de l'impôt sur le revenu et permettre à une grande partie des contribuables concernés de conserver plusieurs centaines de dirhams supplémentaires chaque mois.

Cette nouvelle étape s'inscrit dans la continuité de la réforme fiscale engagée en janvier 2025, mais elle prévoit d'aller nettement plus loin d'ici 2031.

Ce que Fouzi Lekjaa a annoncé devant le Parlement

Le 23 octobre 2026, lors de la présentation du projet de loi de finances 2027, Fouzi Lekjaa a précisé les grandes orientations de la nouvelle réforme fiscale.

Le ministre de l'Économie et des Finances a annoncé plusieurs changements majeurs :

  • Le seuil annuel de revenu net imposable exonéré d'IR serait relevé de 40 000 à 60 000 DH dès janvier 2027.

  • Le barème fiscal serait progressivement simplifié pour ne conserver que trois tranches imposables.

  • Les taux définitifs seraient ramenés à 10 %, 20 % et 30 %.

  • Le taux marginal maximal serait ainsi abaissé de 37 % à 30 % à l'horizon 2031.

  • Le dispositif représenterait un coût fiscal estimé à 5,5 milliards de DH pour l'année 2027.

Le gouvernement souhaite répartir cette réforme sur cinq années, de 2027 à 2031, plutôt que d'appliquer immédiatement l'ensemble des nouveaux taux.

Cette distinction est importante : les avantages attendus en 2027 ne correspondent pas encore à ceux du barème définitif prévu pour 2031.

Pourquoi le salaire net augmentera-t-il ?

Aujourd'hui, l'impôt sur le revenu est généralement retenu directement par l'employeur avant le versement du salaire.

Lorsqu'un salarié gagne 10 000 DH brut, par exemple, plusieurs retenues sont appliquées : cotisations sociales, assurance maladie, éventuellement retraite complémentaire, puis impôt sur le revenu.

Le montant finalement reçu est donc inférieur au salaire brut.

En réduisant l'impôt, le gouvernement permet au salarié de conserver une part plus importante de sa rémunération.

Il ne s'agit pas d'une augmentation accordée par l'entreprise, mais d'une diminution des sommes prélevées par l'État.

Simulations : combien les salariés pourraient-ils gagner dès 2027 ?

Pour mesurer les effets de la réforme, prenons trois exemples de salaires bruts mensuels.

Les simulations ci-dessous reposent sur les calculs publiés à partir du projet de réforme, pour un salarié célibataire sans personnes à charge. Elles intègrent les hypothèses de cotisations sociales et de déductions professionnelles retenues dans ces calculs.

Salaire brut mensuel Net 2026 Net estimé 2027 Gain mensuel
10 000 DH 8 457 DH 8 806 DH +349 DH
15 000 DH 11 730 DH 12 230 DH +500 DH
20 000 DH 14 752 DH 15 252 DH +500 DH

Ces simulations illustrent un avantage immédiat pour les salariés imposables, même lorsque l'employeur conserve exactement la même rémunération brute.

Pour un salarié percevant 15 000 DH brut, le gain de 500 DH par mois représenterait 6 000 DH supplémentaires sur une année complète.

Il convient toutefois de préciser que ces montants sont indicatifs : le salaire net réel dépend des cotisations, des avantages, des déductions et de la situation fiscale individuelle.

Le seuil d'exonération porté à 60 000 DH : ce que cela signifie

L'une des principales nouveautés annoncées est le relèvement du seuil d'exonération à 60 000 DH de revenu net imposable annuel, soit 5 000 DH mensuels.

Ce chiffre ne doit pas être confondu avec le salaire brut ou même le montant final versé sur le compte bancaire.

Pour déterminer le revenu imposable, il faut notamment tenir compte des cotisations sociales et des déductions fiscales autorisées.

La réforme prévoit également une déduction forfaitaire pour frais professionnels portée à 45 %, dans la limite de 35 000 DH par an.

Cette modification contribue à diminuer la base imposable de certains salariés, indépendamment de l'évolution du barème fiscal.

C'est cette combinaison qui explique pourquoi les effets de la réforme peuvent être plus importants qu'une simple lecture du seuil de 60 000 DH.

87 % des salariés exonérés : une transformation majeure annoncée

Selon les déclarations de Fouzi Lekjaa, le dispositif doit conduire à exonérer 87 % des salariés de l'impôt sur le revenu.

Seuls 13 % des salariés resteraient ainsi redevables de cet impôt, selon les projections gouvernementales.

Cette annonce est particulièrement importante pour les revenus modestes et intermédiaires.

Elle ne signifie toutefois pas que tous les salariés bénéficieront d'une augmentation de 500 DH par mois.

Un salarié déjà totalement exonéré d'IR ne peut pas obtenir de gain supplémentaire grâce à une nouvelle baisse de cet impôt. De même, pour certains revenus, la réduction fiscale sera inférieure à 500 DH.

L'effet réel dépend donc du montant d'impôt payé avant la réforme et de la situation individuelle.

Une nouvelle amélioration programmée jusqu'en 2031

La réforme ne doit pas s'arrêter au mois de janvier 2027.

Le gouvernement prévoit de faire évoluer progressivement le barème sur plusieurs exercices budgétaires.

Année Taux marginal maximal prévu
2026 37 %
2027 37 %
2028 37 %
2029 35 %
2030 30 %
2031 30 %

Le taux maximal ne suffit toutefois pas à mesurer l'évolution de l'impôt : les limites des tranches seront elles aussi modifiées.

À partir de 2031, le barème définitif proposé prévoit notamment une exonération jusqu'à 60 000 DH de revenu net imposable annuel, puis une taxation progressive à 10 %, 20 % et 30 %.

La tranche à 30 % ne commencerait qu'au-delà de 500 000 DH de revenu net imposable annuel.

Cette évolution pourrait conduire à des économies fiscales beaucoup plus importantes pour les salariés dont les rémunérations sont relativement élevées.

Jusqu'à 3 079 DH supplémentaires par mois selon les projections présentées

Lors de ses explications parlementaires, Fouzi Lekjaa a également donné deux exemples des effets attendus à l'horizon 2031.

Selon les chiffres présentés par le ministre, le gain mensuel pourrait atteindre :

  • 1 186 DH pour un salarié percevant une rémunération mensuelle de référence de 11 800 DH.

  • 3 079 DH pour un salarié percevant une rémunération mensuelle de référence de 18 700 DH.

Ces montants sont les projections annoncées pour 2031 et non des augmentations applicables dès janvier 2027.

Ils illustrent l'ampleur potentielle de la réforme une fois la totalité des nouveaux paramètres entrée en vigueur.

Les gains individuels devront néanmoins être recalculés à partir des règles fiscales effectivement adoptées et de la composition des rémunérations.

Quel impact sur le pouvoir d'achat des ménages ?

Pour un foyer marocain, quelques centaines de dirhams supplémentaires chaque mois peuvent représenter une différence notable.

Un gain de 500 DH mensuels équivaut à 6 000 DH sur une année. Pour un ménage comprenant deux salariés bénéficiant chacun d'une économie similaire, l'avantage théorique pourrait atteindre 12 000 DH annuels.

Ces sommes peuvent contribuer au financement de dépenses essentielles : alimentation, transport, scolarité, logement ou épargne.

Cependant, l'amélioration du pouvoir d'achat dépendra aussi de l'évolution des prix.

Si les dépenses contraintes continuent d'augmenter, une partie des gains fiscaux risque d'être absorbée par l'inflation et les charges quotidiennes.

L'impact économique de la mesure ne pourra donc être évalué uniquement à travers l'augmentation nominale du salaire net.

Une baisse de l'IR sans hausse des charges patronales

Un autre aspect de cette réforme mérite d'être souligné : elle n'exige pas nécessairement des entreprises qu'elles augmentent leurs dépenses salariales.

À rémunération brute identique, le salarié reçoit davantage tandis que l'employeur conserve le même coût salarial, sous réserve que les autres prélèvements restent inchangés.

Ce mécanisme peut améliorer immédiatement les revenus disponibles sans alourdir directement la masse salariale des entreprises.

L'État supporte pour sa part le coût de la mesure sous la forme de recettes fiscales auxquelles il renonce.

Pour 2027, cet effort est évalué par le gouvernement à 5,5 milliards de DH.

De la réforme de 2025 à celle de 2027 : une nouvelle étape

La première grande réforme récente de l'IR est entrée en vigueur le 1er janvier 2025.

Elle avait notamment relevé le seuil d'exonération de 30 000 à 40 000 DH annuels et abaissé le taux marginal maximal de 38 % à 37 %.

Cette première étape avait déjà permis à de nombreux salariés de voir leur salaire net augmenter.

La nouvelle réforme annoncée pour 2027 prévoit de poursuivre cet allègement, avec un seuil d'exonération encore relevé et une refonte progressive des tranches.

Il est donc important de distinguer les gains déjà obtenus en 2025 des économies supplémentaires qui pourraient intervenir dès 2027.

Ce qui reste à confirmer

Au 7 novembre 2026, les paramètres de la nouvelle réforme figurent dans le projet de loi de finances 2027.

Leur application reste conditionnée à l'adoption du texte et à la publication des dispositions définitives.

Les salariés devront également attendre l'application effective des nouveaux barèmes dans les systèmes de paie pour connaître leur gain exact.

Les simulations disponibles permettent néanmoins d'illustrer les effets possibles de la réforme annoncée.

Une réforme susceptible de modifier durablement les fiches de paie

Avec cette nouvelle révision de l'impôt sur le revenu, le Maroc s'engage vers une diminution progressive de la fiscalité appliquée aux rémunérations.

La mesure se distingue d'une augmentation salariale classique : son bénéfice provient directement de la réduction de l'impôt payé, et non d'une hausse du salaire brut.

Les exemples présentés montrent des gains pouvant atteindre 500 DH mensuels dès 2027 pour certaines catégories de salariés, puis davantage à mesure que le barème évoluera jusqu'en 2031.

L'enjeu sera désormais de transformer ces annonces en gains effectivement visibles sur les bulletins de salaire.

Pour les ménages marocains, la question essentielle reste celle du pouvoir d'achat : non seulement combien ils recevront en plus, mais surtout ce que ces dirhams supplémentaires leur permettront réellement d'acheter.

Visualisation des gains prévus dès 2027

Hausse mensuelle estimée du salaire net en 2027
En dirhams, selon le salaire brut mensuel. Simulations pour un salarié célibataire sans personnes à charge.
 
L’AUTEUR

YBoulayoun ↗

Auteur et directeur de publication de Chronexium Passionné par l’actualité et animé par le plaisir d’informer, Youssef Boulayoun assure seul la rédaction et la publication des articles de Chronexium. Ce projet personnel est né d’une envie simple : partager l’information, explorer les sujets qui marquent notre époque et donner des repères pour mieux les comprendre. Il s’intéresse particulièrement à l’actualité du Maroc et aux événements internationaux.

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