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Nucléaire civil : pourquoi le Maroc n’a-t-il toujours pas construit sa première centrale ?

Alors que le Maroc importe près de 88 % de ses besoins énergétiques et reste tributaire du charbon pour produire son électricité, le nucléaire civil demeure un projet sans concrétisation. Coûts, choix stratégiques, contraintes techniques et enjeux de souveraineté : enquête sur les raisons d'une décision sans cesse différée.

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Le Maroc possède déjà une infrastructure de recherche nucléaire, mais aucune centrale nucléaire destinée à produire de l'électricité.
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Le Maroc s'est imposé comme l'un des acteurs africains les plus ambitieux dans le développement des énergies renouvelables. Des centrales solaires de Ouarzazate aux parcs éoliens du nord et du sud du Royaume, des investissements considérables ont été engagés pour réduire la dépendance énergétique nationale.

Pourtant, une question demeure : pourquoi le Maroc, qui dispose d'une expérience scientifique dans le nucléaire depuis plusieurs décennies, n'a-t-il toujours pas construit sa première centrale électronucléaire ?

La question est loin d'être théorique. Selon les chiffres présentés début novembre 2026 par le ministère de la Transition énergétique, le Maroc affichait en 2025 un taux de dépendance énergétique de 87,91 %, pour une facture d'importation énergétique atteignant 107,52 milliards de dirhams.

Parallèlement, la demande nationale d'électricité a atteint environ 49 térawattheures (TWh) en 2025, en hausse de 7,4 % sur un an.

Le Royaume se trouve donc devant une équation complexe : produire davantage, diminuer ses importations, décarboner son industrie et garantir une alimentation électrique continue.

Le nucléaire pourrait-il constituer une partie de la réponse ?

1. Les chiffres qui interrogent



Sources : ministère de la Transition énergétique, présentation du budget 2027 ; ONEE, bilan 2025. La facture énergétique concerne l'ensemble des produits énergétiques importés, pas uniquement l'électricité.

La production électrique marocaine reste largement dominée par les combustibles fossiles.

Répartition estimée de la production électrique nationale en 2025




Autrement dit, malgré l'essor des énergies renouvelables, le charbon fournit encore environ six kilowattheures sur dix produits sur le territoire national.

Et surtout, il faut distinguer deux indicateurs souvent confondus : les énergies renouvelables représentaient 46,1 % de la puissance électrique installée à fin 2025, mais leur contribution à la production réelle demeurait nettement inférieure.

Cette différence s'explique notamment par l'intermittence du solaire et de l'éolien, ainsi que par les limitations de la production hydraulique durant les périodes de sécheresse.

Le nucléaire présente un avantage stratégique : il peut produire de grandes quantités d'électricité, jour et nuit, indépendamment de l'ensoleillement ou du vent.

2. Sidi Boulbra : le projet nucléaire que le Maroc n'a jamais concrétisé

Contrairement à une idée répandue, les ambitions nucléaires marocaines ne sont pas récentes.

Dès les années 1980, le Royaume étudiait la possibilité de construire une centrale nucléaire sur la façade atlantique.

Le site de Sidi Boulbra, entre Safi et Essaouira, avait été identifié comme une implantation potentielle. Les études techniques, engagées notamment à partir de 1984, avaient bénéficié de l'accompagnement de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).

Le projet historique envisageait plusieurs unités de production, avec un potentiel allant jusqu'à 4 000 MW à terme.

En 2006-2007, l'Office national de l'électricité avait même progressé dans la préparation de documents d'appel d'offres pour deux réacteurs d'une puissance unitaire comprise entre 700 et 1 000 MW.

Pourtant, aucune centrale n'a été construite.

Ce précédent est révélateur : le principal obstacle n'a pas été l'absence de sites étudiés ou l'impossibilité scientifique d'envisager un programme nucléaire.

Il a été l'absence de passage définitif de la phase d'évaluation à celle d'un engagement industriel et financier.

Quarante ans après les premières études, le Maroc dispose toujours d'une option nucléaire, mais pas encore d'un programme de construction engagé.

3. Le coût : probablement le principal frein économique

Une centrale nucléaire représente un investissement initial considérable. Sa construction nécessite des milliards de dollars, une planification longue et des engagements financiers pouvant s'étendre sur plusieurs décennies.

Prenons un scénario de travail : la construction au Maroc d'un réacteur de 1 000 MW.

Pour mesurer les enjeux, retenons trois hypothèses d'investissement de 5, 8 et 12 milliards de dollars, qui ne constituent pas des devis officiels pour le Royaume.

Avec un taux de conversion illustratif de 10 dirhams pour un dollar, les montants seraient les suivants :

Hypothèse

Investissement

Équivalent

Coût maîtrisé

5 Mds $

50 Mds DH

Scénario intermédiaire

8 Mds $

80 Mds DH

Coût élevé

12 Mds $

120 Mds DH

Ces montants correspondent uniquement à des scénarios d'investissement et ne couvrent pas nécessairement tous les intérêts financiers, les infrastructures associées et les dépenses de long terme.

La question du financement devient alors centrale.

Avec un investissement hypothétique de 80 milliards de dirhams, le Maroc devrait mobiliser une somme supérieure à dix fois l'investissement total réalisé par l'ONEE en 2025, eau et électricité confondues.

La comparaison porte sur deux catégories différentes — un projet pluriannuel contre un investissement annuel — mais elle illustre l'ampleur du défi.

De plus, le risque de retard de construction doit être pris en compte. Un décalage de plusieurs années peut entraîner une hausse substantielle des intérêts intercalaires et du coût final de l'électricité.

L'énergie nucléaire exige donc plus qu'une volonté politique : elle suppose un modèle de financement durable, des garanties et une répartition précise des risques entre l'État, les opérateurs et les partenaires industriels.

4. Solaire, éolien ou nucléaire : quel choix serait le plus rentable ?

L'avantage économique immédiat des énergies renouvelables est désormais considérable.

Selon l'Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA), les coûts mondiaux moyens de production des nouvelles installations mises en service en 2025 étaient de :

  • 33 dollars par MWh pour l'éolien terrestre ;

  • 44 dollars par MWh pour le solaire photovoltaïque.

Ces chiffres sont des moyennes internationales de coût actualisé de production. Ils ne correspondent pas à des tarifs garantis au Maroc et ne prennent pas en compte l'ensemble des dépenses nécessaires pour assurer une fourniture électrique permanente, notamment le stockage, les réseaux et les moyens de secours.

Le nucléaire offre une autre proposition : une production pilotable, massive et bas carbone, mais au prix d'un investissement beaucoup plus lourd au départ.

L'arbitrage ne consiste donc pas simplement à comparer le prix d'un MWh solaire à celui d'un MWh nucléaire. Il consiste à déterminer combien coûterait au Maroc un système électrique complet, fiable à chaque heure de l'année.

Cela explique en partie pourquoi le Royaume a jusqu'ici privilégié les filières renouvelables, dont les projets peuvent être développés plus rapidement et par étapes.

À titre de comparaison, l'étude Lazard 2025 estime le coût de l'électricité des nouveaux réacteurs nucléaires aux États-Unis entre 141 et 220 dollars par MWh. Ces chiffres, propres au marché américain, ne doivent toutefois pas être transposés directement au Maroc.

 

5. Que produirait réellement une centrale nucléaire marocaine ?

C'est ici que le débat devient particulièrement intéressant.

Prenons un réacteur de 1 000 MW fonctionnant avec un facteur de charge de 90 %, une hypothèse caractéristique d'une centrale nucléaire performante.

Sa production annuelle serait :

1 000 MW × 8 760 heures × 90 % = 7,884 TWh par an.

Rapporté aux 49 TWh de demande électrique marocaine en 2025, un seul réacteur pourrait théoriquement produire l'équivalent de 16,1 % de cette demande.



Trois réacteurs pourraient ainsi produire l'équivalent de près de la moitié de la demande électrique de 2025.

Cela ne signifie pas qu'ils pourraient remplacer mécaniquement la moitié du parc existant : le fonctionnement du réseau, les pointes de consommation, les arrêts de maintenance et l'évolution de la demande nécessiteraient une planification supplémentaire.

Mais ces simulations montrent l'importance stratégique que pourrait prendre le nucléaire dans le mix électrique national.

6. Le Maroc possède déjà un réacteur nucléaire

Il serait inexact d'affirmer que le Maroc ne dispose d'aucune expérience dans le domaine.

Le Centre national de l'énergie, des sciences et des techniques nucléaires (CNESTEN) exploite au Centre d'études nucléaires de la Maâmora un réacteur de recherche TRIGA Mark II d'une puissance thermique de 2 MW.

Cette installation est utilisée pour la recherche, la formation et diverses applications scientifiques et médicales. Elle ne produit pas d'électricité destinée au réseau national.

Le Maroc dispose également d'une autorité chargée de la sûreté et de la sécurité nucléaires et radiologiques : l'AMSSNuR.

Ces infrastructures constituent un socle scientifique précieux. Mais exploiter un réacteur de recherche de 2 MW thermiques et gérer une centrale électronucléaire de 1 000 MW électriques relèvent de deux échelles industrielles radicalement différentes.

Pour lancer un programme électronucléaire, le Royaume devrait notamment développer les compétences d'exploitation, les capacités de contrôle, la planification d'urgence, les filières de maintenance et les mécanismes de gestion des déchets sur plusieurs décennies.

7. Le phosphate marocain pourrait-il devenir un atout nucléaire ?

Le Maroc dispose d'une particularité géologique majeure : ses immenses réserves de phosphates contiennent également de l'uranium naturel à de faibles concentrations.

Cette réalité ouvre la perspective d'une récupération d'uranium comme sous-produit de certaines opérations industrielles de transformation des phosphates.

Mais il faut distinguer trois choses : posséder de l'uranium dans des minerais, pouvoir l'extraire à un coût compétitif et disposer ensuite d'une chaîne de fabrication de combustible nucléaire.

La présence d'uranium dans les phosphates ne signifie donc pas que le Royaume possède aujourd'hui une filière autonome de combustible utilisable dans une centrale.

Son exploitation industrielle dépendrait notamment des concentrations, des procédés chimiques employés, du coût des installations et des cours mondiaux de l'uranium.

La véritable opportunité serait de développer progressivement une expertise industrielle et une chaîne de valeur supplémentaire autour des ressources phosphatières, sans présumer de sa rentabilité.

8. La nouvelle piste des petits réacteurs modulaires

Le développement des petits réacteurs modulaires, désignés par l'acronyme SMR, pourrait changer la manière dont le Maroc envisage le nucléaire.

Contrairement aux grandes centrales classiques, ces réacteurs sont conçus autour d'unités de puissance plus réduite, généralement jusqu'à 300 MW électriques par module.

Un SMR de 300 MW fonctionnant à 90 % de facteur de charge produirait théoriquement environ 2,37 TWh par an.

Ces installations pourraient, à terme, être envisagées pour répondre à des besoins industriels spécifiques ou compléter un système électrique dominé par les renouvelables.

Le dessalement de l'eau de mer constitue une piste particulièrement intéressante pour le Maroc, confronté au stress hydrique.

Cependant, la prudence s'impose : la plupart des modèles de SMR restent en développement ou aux premières étapes de leur commercialisation. Leur compétitivité réelle à grande échelle n'est pas encore démontrée dans toutes les configurations.

Leur intérêt stratégique est donc plausible, mais leur avantage économique ne peut pas encore être considéré comme acquis.

9. Mars 2026 : le Maroc change de discours

Un événement majeur est intervenu le 10 mars 2026.

Lors du deuxième Sommet international sur l'énergie nucléaire organisé à Paris, le chef du gouvernement Aziz Akhannouch, représentant le roi Mohammed VI, a confirmé l'intérêt du Royaume pour une intégration responsable et progressive du nucléaire civil dans son mix énergétique.

Le Maroc a également participé à une déclaration internationale portant sur le financement de l'énergie nucléaire.

C'est un signal politique important : le nucléaire n'est plus seulement abordé comme une éventualité technique ancienne, mais comme une option susceptible de compléter la stratégie énergétique nationale.

Il reste toutefois une différence fondamentale entre soutenir le développement international du nucléaire civil et décider de construire une centrale au Maroc.

À ce jour, aucun contrat de construction d'une centrale électronucléaire marocaine ni calendrier officiel de mise en service n'a été annoncé publiquement.

10. Le programme d'investissement de 133 milliards de dirhams ne prévoit pas de nucléaire

La réponse la plus révélatrice se trouve peut-être dans les derniers arbitrages financiers.

Le 3 novembre 2026, les données présentées dans le cadre du budget 2027 ont fait apparaître un programme de 133 milliards de dirhams destiné au développement de 18 088 MW de capacités électriques supplémentaires à l'horizon 2030.


Capacités programmées à l'horizon 2030, selon les éléments présentés par le ministère de la Transition énergétique en novembre 2026. Les 133 milliards de DH concernent le programme global, sans ventilation intégrale par technologie dans les chiffres cités.

Cette programmation constitue l'un des indices les plus solides pour comprendre la situation.

Le Maroc affiche désormais un intérêt politique pour le nucléaire civil, mais ses investissements électriques à l'horizon 2030 restent orientés vers les énergies renouvelables, les moyens de stockage et le gaz naturel.

Le nucléaire apparaît donc comme une option de plus long terme, plutôt que comme une réponse immédiate à la croissance de la consommation.

11. Les véritables raisons du retard : ce que révèle notre analyse

L'examen des données permet d'identifier cinq facteurs qui contribuent à expliquer pourquoi le Maroc n'a pas encore franchi le pas.

Le premier est financier. La construction d'une centrale représente un engagement massif, avec des risques de dépassement budgétaire et un besoin de financement de très longue durée.

Le deuxième est stratégique. Depuis 2009, le Royaume a fait le choix d'accélérer le solaire et l'éolien. Ce choix a mobilisé des politiques publiques, des financements et des capacités industrielles considérables.

Le troisième est institutionnel. Malgré son expérience dans la recherche nucléaire, le Maroc doit encore démontrer qu'il possède tous les dispositifs nécessaires à la construction, à l'exploitation et à la surveillance d'une centrale de puissance.

Le quatrième concerne les délais. Selon les références de l'AIEA, l'introduction de l'électronucléaire dans un nouveau pays nécessite généralement dix à quinze ans entre les premières décisions politiques et l'exploitation de la première centrale. Une décision prise aujourd'hui ne répondrait donc pas aux besoins de 2030.

Le cinquième est industriel et technique. Une centrale doit s'intégrer dans le réseau national, disposer d'un refroidissement adapté, respecter des critères rigoureux de sûreté et garantir la gestion du combustible et des déchets sur le long terme.

Ces facteurs sont documentés à des degrés divers. En revanche, aucun élément public vérifié ne permet d'affirmer qu'une opposition diplomatique étrangère, une pression politique particulière ou une interdiction internationale expliquerait le report du nucléaire marocain.

L'explication la plus solide demeure celle d'un arbitrage économique et stratégique, auquel s'ajoutent des contraintes institutionnelles et techniques.

12. Le vrai enjeu : la souveraineté énergétique à l'horizon 2050

Le débat nucléaire marocain mérite d'être replacé dans une perspective beaucoup plus large.

À l'horizon 2050, le Royaume pourrait devoir alimenter une économie profondément transformée par le dessalement, les transports électriques, les nouvelles industries, les centres de données et la production d'hydrogène.

Une telle transformation exigera non seulement davantage d'électricité, mais aussi une disponibilité permanente et une maîtrise de son coût.

Le nucléaire pourrait contribuer à cet objectif en produisant une électricité décarbonée et pilotable. Il pourrait également réduire la consommation de charbon et la vulnérabilité aux fluctuations internationales des combustibles fossiles.

Mais il ne garantirait pas, à lui seul, une indépendance énergétique totale : le financement, les technologies des réacteurs, les services spécialisés et, dans un premier temps, le combustible nucléaire nécessiteraient probablement des partenariats internationaux.

La question centrale n'est donc plus simplement de savoir si le Maroc doit adopter le nucléaire civil, mais plutôt à quelles conditions cette technologie pourrait renforcer sa souveraineté énergétique sans compromettre ses équilibres financiers.

Pour un pays qui ambitionne de devenir une puissance industrielle régionale et un exportateur d'énergie verte, conserver la possibilité de développer une filière nucléaire constitue un enjeu stratégique.

13. Combien coûterait au Maroc le fait de ne pas construire de centrale nucléaire ?

L'absence d'une centrale nucléaire ne constitue pas automatiquement une perte économique. Tout dépend des moyens de production qui la remplacent, de leurs coûts et de leurs effets sur les importations.

Prenons un réacteur hypothétique de 1 000 MW produisant 7,884 TWh par an.

Si cette production se substituait intégralement à de l'électricité issue du charbon, le Maroc pourrait éviter une quantité importante d'émissions de CO₂.

En retenant une intensité indicative de 820 grammes de CO₂ par kWh pour l'électricité produite à partir du charbon, le calcul donne :

Ce potentiel est considérable, mais il ne permet pas, à lui seul, de conclure que le nucléaire serait plus rentable que les alternatives renouvelables, le stockage ou le gaz.

Le véritable coût de l'inaction dépendrait de l'évolution des prix du charbon et du gaz, des investissements dans les réseaux, de la tarification du carbone et des besoins futurs de l'industrie marocaine.

C'est précisément ce qu'une étude nationale comparative, rendue publique et actualisée, devrait permettre de mesurer.

14. Les questions auxquelles les autorités marocaines devraient répondre

Après plusieurs décennies d'études, le dossier nucléaire marocain demeure marqué par plusieurs interrogations essentielles :

  • Le site historique de Sidi Boulbra reste-t-il techniquement envisagé pour une future centrale ?

  • Le gouvernement dispose-t-il d'une étude récente comparant les coûts du nucléaire, du gaz et des renouvelables avec stockage ?

  • Un objectif de mise en service à l'horizon 2040 ou 2050 est-il étudié ?

  • Le Maroc privilégierait-il un grand réacteur classique ou de petits réacteurs modulaires ?

  • Quels partenaires industriels et financiers pourraient accompagner un éventuel programme ?

  • Le dessalement de l'eau de mer pourrait-il justifier une première installation nucléaire à vocation énergétique ?

Ces questions ne signifient pas que les autorités sont restées inactives. Elles mettent en évidence les informations qui manquent encore au débat public pour évaluer la faisabilité économique et stratégique d'une centrale nucléaire marocaine.

Conclusion : le Maroc a-t-il trop attendu ?

Le Maroc n'a pas renoncé au nucléaire civil. Il a jusqu'ici choisi de ne pas en faire une priorité dans ses investissements de production électrique.

Ce choix peut s'expliquer par les coûts considérables d'une première centrale, la durée de sa construction, les exigences de sûreté et l'attractivité croissante des énergies renouvelables.

Mais les circonstances évoluent.

La croissance de la demande électrique, l'industrialisation, le dessalement et la nécessité de réduire les émissions de carbone rendent progressivement plus pertinente une réflexion approfondie sur le nucléaire.

Le Royaume possède déjà un socle scientifique, des institutions spécialisées, une expérience dans la coopération internationale et des ambitions énergétiques importantes.

Il lui reste à déterminer si ces atouts justifient le lancement d'un véritable programme électronucléaire, avec un calendrier, des financements et des objectifs publiquement définis.

La question n'est donc pas de savoir pourquoi le Maroc aurait abandonné le nucléaire, puisqu'il ne l'a pas abandonné. Elle est de comprendre pourquoi, quarante ans après ses premières études, il n'a toujours pas pris la décision d'investissement qui transformerait cette ambition en réalité.

Et surtout, combien de temps encore le Royaume pourra-t-il conserver cette option ouverte avant de devoir trancher ?

L’AUTEUR

YBoulayoun ↗

Auteur et directeur de publication de Chronexium Passionné par l’actualité et animé par le plaisir d’informer, Youssef Boulayoun assure seul la rédaction et la publication des articles de Chronexium. Ce projet personnel est né d’une envie simple : partager l’information, explorer les sujets qui marquent notre époque et donner des repères pour mieux les comprendre. Il s’intéresse particulièrement à l’actualité du Maroc et aux événements internationaux.

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