Ce samedi 31 octobre 2026, le Maroc célèbre pour la première fois officiellement Aïd Al Wahda, la Fête de l'Unité. Cette nouvelle fête nationale, instituée par décision du Roi Mohammed VI en novembre 2025, commémore une date devenue symbolique dans l'histoire diplomatique contemporaine du Royaume : celle de l'adoption de la résolution 2797 du Conseil de sécurité des Nations unies concernant le Sahara marocain.
De Tanger à Lagouira, cette journée porte une signification particulière dans le récit national marocain. Elle associe la mémoire des engagements historiques du Royaume, les avancées diplomatiques réalisées sur la question du Sahara et la volonté de placer l'unité nationale au cœur des célébrations officielles.
Le 31 octobre 2025, une date à l'origine d'une nouvelle fête nationale
Un an auparavant, le 31 octobre 2025, le Conseil de sécurité des Nations unies adoptait la résolution 2797, marquant une évolution importante du cadre diplomatique relatif au différend du Sahara.
Ce texte accordait une place centrale à la proposition marocaine d'autonomie dans la recherche d'une solution politique, sans constituer pour autant une reconnaissance formelle et définitive de souveraineté par l'ONU.
Pour Rabat, cette évolution représentait une avancée diplomatique majeure, venant conforter une stratégie défendue depuis la présentation de l'initiative d'autonomie en 2007.
Quelques jours plus tard, le Cabinet royal annonçait la décision d'instituer le 31 octobre comme nouvelle fête nationale, sous l'appellation Aïd Al Wahda, en référence à l'unité nationale et à l'intégrité territoriale du Royaume.
Une fête nationale voulue par le Roi Mohammed VI
L'institution de cette journée répond à une volonté de donner une dimension durable au tournant diplomatique du 31 octobre 2025.
Dans son communiqué officiel, le Cabinet royal a présenté cette fête comme une occasion nationale fédératrice, consacrée à l'attachement des Marocains à leur unité et aux constantes nationales.
Le gouvernement a ensuite engagé la traduction réglementaire de cette décision. Le 15 janvier 2026, le Conseil de gouvernement a approuvé deux projets de décrets concernant l'intégration de la Fête de l'Unité aux calendriers des jours fériés applicables aux secteurs concernés.
Le 31 octobre rejoint ainsi les grandes dates commémoratives du Royaume, notamment la Fête du Trône, la Marche Verte et la Fête de l'Indépendance, tout en conservant une signification historique distincte.
Une première célébration à travers le Royaume
Cette première édition intervient dans un climat de mobilisation autour de l'unité nationale.
Dans les provinces du Sud comme dans les autres régions du pays, les préparatifs de cette journée ont été annoncés autour d'initiatives culturelles, associatives et citoyennes.
À Casablanca, une conférence nationale consacrée au bénévolat et à la citoyenneté a notamment été programmée pour le 31 octobre, à l'initiative du Centre Marocain de Volontariat et Citoyenneté et de la Fondation United Tamghrabit.
Dans le Sud, la dix-neuvième édition du Moussem de Tan-Tan, organisée du 30 octobre au 3 novembre, coïncide également avec cette nouvelle fête nationale et met à l'honneur les traditions et le patrimoine culturel sahraouis.
Ces manifestations donnent à cette première célébration une dimension qui dépasse le seul cadre institutionnel. Elles associent la mémoire nationale aux expressions culturelles et à la participation citoyenne.
Une grâce royale accordée à 907 personnes
La première Fête de l'Unité s'accompagne également d'une décision royale.
À cette occasion, le Roi Mohammed VI a accordé sa grâce à 907 personnes condamnées par différentes juridictions du Royaume, selon un communiqué du ministère de la Justice diffusé le 30 octobre 2026.
Parmi les bénéficiaires figurent 613 personnes en détention et 294 personnes en liberté.
Cette décision donne une dimension supplémentaire à la nouvelle fête nationale, dont le communiqué royal fondateur avait précisément prévu qu'elle constituerait chaque année une occasion d'exercice du droit de grâce.
Du 6 novembre au 31 octobre : deux dates, une même histoire nationale
La Fête de l'Unité ne remplace pas la commémoration de la Marche Verte.
Le 6 novembre 1975 demeure une date fondatrice de l'histoire contemporaine marocaine. Cinquante et un ans plus tard, cette mémoire collective continue d'occuper une place essentielle dans la relation du Royaume à ses provinces du Sud.
Le 31 octobre vient désormais compléter cette chronologie.
Là où le 6 novembre renvoie à la mobilisation historique de 1975, le 31 octobre commémore une évolution diplomatique survenue cinquante ans plus tard, dans un contexte international profondément transformé.
Ces deux dates incarnent ainsi deux moments différents d'un même dossier national, qui demeure au centre de la diplomatie marocaine.
Une dimension diplomatique qui dépasse la commémoration
La création d'Aïd Al Wahda intervient alors que le dossier du Sahara reste inscrit à l'agenda des Nations unies.
Le Maroc défend son initiative d'autonomie sous souveraineté marocaine comme base d'une solution politique. Le Front Polisario continue, pour sa part, de revendiquer l'autodétermination du territoire, tandis que les discussions internationales se poursuivent sous l'égide de l'ONU.
La portée diplomatique de cette nouvelle fête réside donc principalement dans la volonté du Royaume d'inscrire les acquis de 2025 dans la durée et dans la mémoire nationale.
Pour la diplomatie marocaine, l'enjeu demeure de transformer le soutien international à sa proposition d'autonomie en avancées politiques concrètes vers un règlement du différend.
Le 31 octobre, une date désormais inscrite dans le calendrier national
En célébrant officiellement Aïd Al Wahda pour la première fois, le Maroc inaugure une tradition appelée à se renouveler chaque année.
Cette journée associe reconnaissance des étapes diplomatiques franchies, valorisation de la cohésion nationale et transmission d'une mémoire collective aux nouvelles générations.
Le 31 octobre 2026 marque ainsi la première célébration officielle d'une fête née d'un événement diplomatique majeur, désormais intégré au calendrier et au récit national du Royaume.

