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Après la MINURSO : quels scénarios pour consolider la souveraineté marocaine sur l’ensemble du Sahara ?

La fin de la MINURSO ouvre une nouvelle phase stratégique pour le Maroc au Sahara.

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Mur de défense marocain dans le Sahara après le départ de la MINURSO
Après 35 ans de présence de la MINURSO, l’avenir des territoires situés à l’est du mur devient l’un des principaux enjeux stratégiques pour le Maroc.
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L’ESSENTIEL

Ce qu’il faut retenir

  • La MINURSO a cessé ses opérations le 31 octobre 2026 après 35 ans de présence.
  • Rabat considère cette disparition comme une étape majeure vers la clôture définitive du dossier du Sahara marocain.
  • Le Maroc administre environ 80 % du territoire, dont les principales villes, la façade atlantique et les grands axes économiques.
  • Les zones situées à l’est du mur représentent environ 20 % du territoire et deviennent le principal enjeu territorial de l’après-MINURSO.
  • Le Royaume a confirmé qu’il maintiendrait volontairement le cessez-le-feu tout en protégeant son intégrité territoriale et sa sécurité.
  • Une extension du contrôle marocain à l’est du mur est un scénario envisageable, mais aucune opération de ce type n’a été annoncée.
  • Rabat peut également privilégier une consolidation diplomatique, économique et territoriale sans modifier immédiatement le dispositif militaire.
  • La disparition de la MINURSO retire surtout un mécanisme vieux de 35 ans et ouvre une nouvelle séquence stratégique pour le Maroc.

Après le départ de la MINURSO, Rabat entre dans une nouvelle phase : quels scénarios pour les zones situées à l’est du mur ?

Une page vieille de 35 ans vient de se tourner au Sahara marocain.

À minuit, le 31 octobre 2026, la MINURSO a officiellement cessé ses opérations après que le Conseil de sécurité n’est pas parvenu à renouveler son mandat. Depuis le 1er novembre, l’Organisation des Nations unies procède à la liquidation de la mission, au rapatriement de ses personnels et à la fermeture de ses installations.

Pour Rabat, cette disparition dépasse largement le simple départ de Casques bleus.

Le Cabinet royal a présenté la non-reconduction de la MINURSO comme « un pas significatif vers la clôture définitive du dossier du Sahara marocain aux Nations Unies », estimant qu’une page de 35 années venait d’être tournée.

Le 4 novembre, le Roi Mohammed VI a ensuite présidé une séance de travail spécifiquement consacrée à l’après-MINURSO, en présence notamment du ministre de l’Intérieur et du général Mohammed Berrid, inspecteur général des Forces armées royales et commandant de la zone Sud. Le communiqué royal a réaffirmé trois priorités : l’intégrité territoriale du Royaume, la sécurité nationale et la tranquillité des citoyens des provinces du Sud.

La question n’est donc plus seulement de savoir pourquoi la MINURSO disparaît.

Elle est désormais de savoir ce que le Maroc fera de cette nouvelle situation.

Et, au centre de cette réflexion, se trouvent les territoires désertiques situés à l’est du mur de défense.

Le Maroc contrôle déjà l’essentiel du Sahara

La réalité territoriale est largement favorable au Royaume.

Le Maroc administre environ 80 % du Sahara, comprenant Laâyoune, Dakhla, Boujdour, Smara, la quasi-totalité de la façade atlantique, les principaux centres de population ainsi que les infrastructures économiques et routières essentielles.

Les quelque 20 % restants se trouvent principalement à l’est et au sud du mur de défense marocain, long d’environ 2 700 kilomètres. Cette proportion de 80/20 est communément utilisée dans les études consacrées à la répartition territoriale de part et d’autre du berm.

Mais comparer simplement « 80 % contre 20 % » peut donner une image trompeuse de la réalité.

Les zones administrées par le Maroc concentrent l’écrasante majorité des villes, des habitants, des infrastructures, des investissements, des activités économiques, des ports et des voies de communication.

La partie orientale est essentiellement constituée de vastes espaces désertiques extrêmement faiblement peuplés.

Son importance est donc avant tout stratégique, militaire et symbolique.

Le départ de la MINURSO change une donnée fondamentale

Jusqu’au 31 octobre, la MINURSO disposait encore de neuf sites opérationnels : quatre à l’ouest du mur et cinq à l’est.

Ces implantations permettaient à l’ONU d’observer les activités militaires, de vérifier certains incidents et de conserver une présence physique de chaque côté du dispositif défensif marocain.

Elles disparaissent désormais.

Cela ne déplace pas automatiquement le mur et ne provoque juridiquement aucun transfert territorial.

Mais sur le terrain, une réalité change profondément : il n’existera bientôt plus de présence militaire permanente de l’ONU dans les zones situées à l’est du dispositif marocain.

Pour la première fois depuis 1991, le Maroc devra donc penser sa stratégie saharienne sans MINURSO.

Premier scénario : Rabat ne change rien militairement

C’est probablement l’option la plus simple à court terme.

Le Maroc maintient son dispositif actuel, ne franchit pas le mur et conserve le cessez-le-feu.

C’est d’ailleurs la ligne officiellement retenue pour le moment.

Le communiqué du Cabinet royal du 4 novembre insiste sur le fait que l’engagement marocain envers le cessez-le-feu est désormais un engagement volontaire, qui ne change pas avec la disparition de la MINURSO.

Cette formulation est importante.

Rabat indique ainsi que le départ de la mission ne signifie pas que le Royaume recherche une confrontation militaire.

Le Maroc peut considérer qu’il dispose aujourd’hui d’autres moyens pour consolider sa position : diplomatie, développement économique, investissements internationaux, infrastructures et reconnaissance de sa souveraineté par un nombre croissant de partenaires.

Dans cette logique, le temps peut être considéré par Rabat comme un allié davantage qu’un adversaire.

Deuxième scénario : une intégration progressive des zones situées à l’est du mur

C’est évidemment le scénario qui intéresse le plus lorsqu’on parle des « 20 % ».

Le Maroc pourrait-il, à terme, étendre son contrôle effectif vers l’est ?

La disparition de la MINURSO crée une situation qui n’existait pas auparavant : les observateurs militaires de l’ONU ne seront plus présents pour surveiller quotidiennement cette partie du territoire.

Cela donne théoriquement au Royaume davantage de liberté opérationnelle.

Mais une extension du contrôle ne nécessiterait pas forcément une opération massive et immédiate.

Elle pourrait être progressive et circonstancielle.

Rabat pourrait par exemple intervenir ponctuellement lorsqu’un intérêt stratégique, une voie de communication ou la sécurité nationale l’exige, puis consolider les positions obtenues.

Il existe déjà un précédent majeur.

Guerguerat : le précédent à retenir

En novembre 2020, le blocage de la route de Guerguerat avait conduit les Forces armées royales à intervenir pour rétablir la circulation entre le Maroc et la Mauritanie.

Rabat avait alors modifié la situation opérationnelle sur le terrain tout en présentant son action comme une intervention destinée à sécuriser un axe international stratégique.

Depuis, le passage de Guerguerat est resté ouvert et constitue aujourd’hui une artère fondamentale entre le Maroc et l’Afrique de l’Ouest.

Cette expérience montre qu’une évolution territoriale peut devenir durable lorsque le Royaume considère qu’elle répond directement à ses intérêts stratégiques.

Une situation comparable pourrait-elle un jour apparaître ailleurs à l’est du mur ?

C’est désormais une hypothèse qui ne peut plus être totalement écartée.

Troisième scénario : le Maroc récupère progressivement la totalité du territoire

C’est l’hypothèse maximale.

À terme, Rabat pourrait considérer que le mur de défense a accompli sa fonction historique et qu’il n’existe plus de justification à maintenir une séparation militaire à l’intérieur d’un territoire que le Royaume considère comme relevant entièrement de sa souveraineté.

Une telle décision représenterait cependant un tournant considérable.

Le Maroc devrait non seulement contrôler un espace désertique immense, mais également sécuriser plusieurs centaines de kilomètres supplémentaires à proximité des frontières algérienne et mauritanienne.

Les Forces armées royales disposent aujourd’hui de capacités très différentes de celles des années 1980 : drones de surveillance et de combat, renseignement satellitaire, aviation modernisée, artillerie de précision et moyens de détection beaucoup plus performants.

D’un point de vue strictement opérationnel, la situation militaire a donc profondément évolué.

Mais aucune décision officielle marocaine visant à avancer vers l’ensemble des zones orientales n’a été annoncée.

Rabat continue au contraire d’affirmer son attachement au cessez-le-feu.

La récupération effective des 20 % doit donc être analysée comme un scénario stratégique de long terme, et non comme une opération annoncée ou imminente.

Quatrième scénario : rendre progressivement le mur politiquement obsolète

C’est probablement l’option la plus subtile.

Le Maroc n’a pas nécessairement besoin de déplacer immédiatement une seule unité militaire pour renforcer sa souveraineté effective.

Depuis plus d’une décennie, Rabat investit massivement dans ses provinces du Sud.

Laâyoune et Dakhla sont devenues des centres urbains et économiques structurants.

Routes express, ports, aéroports, énergies renouvelables, dessalement, pêche, tourisme et futurs projets industriels transforment progressivement la région.

Le Nouveau Modèle de développement des provinces du Sud, lancé en 2015, a précisément pour objectif d’accélérer cette intégration économique.

Le portail officiel marocain souligne que les provinces du Sud sont désormais pensées comme des hubs économiques et d’investissement ouverts sur l’Afrique, soutenus par des infrastructures portuaires, énergétiques et sociales importantes.

Dans cette stratégie, les espaces situés à l’est du mur risquent de devenir de plus en plus périphériques par rapport aux centres économiques du Sahara marocain.

Le mur pourrait alors continuer d’exister physiquement tout en perdant progressivement son importance politique.

Cinquième scénario : transformer les 20 % en dernière étape d’un règlement autour de l’autonomie

L’évolution diplomatique récente offre une autre possibilité.

En 2025, la résolution 2797 du Conseil de sécurité avait déjà placé l’Initiative marocaine d’autonomie au centre des négociations et reconnu qu’une véritable autonomie pouvait constituer une issue réalisable.

Le projet américain présenté au Conseil de sécurité le 30 octobre 2026 allait encore plus loin.

Il aurait fait de l’autonomie sous souveraineté marocaine la seule base de négociation, tout en transformant la nature de la mission onusienne.

Ce projet a recueilli 11 voix favorables sur 15, mais n’a pas été adopté en raison du veto russe.

Pour Rabat, ce résultat reste politiquement important : une large majorité du Conseil était disposée à accompagner une évolution majeure du cadre du dossier.

Le Maroc affirme aujourd’hui que plus des deux tiers des États membres de l’ONU soutiennent l’autonomie sous souveraineté marocaine comme cadre de règlement.

Dans cette perspective, les zones situées à l’est du mur pourraient éventuellement être intégrées à un règlement final sans qu’une opération militaire soit nécessaire.

Le mur disparaîtrait alors parce que le différend lui-même aurait perdu sa raison d’être.

L’option diplomatique pourrait être beaucoup plus rentable pour Rabat

Il existe une raison importante pour laquelle le Maroc pourrait préférer attendre.

Sur le terrain diplomatique, sa position s’est considérablement renforcée.

Les États-Unis reconnaissent explicitement la souveraineté marocaine sur le Sahara. En août 2026, le président américain Donald Trump a de nouveau confirmé cette reconnaissance et indiqué considérer le plan d’autonomie comme la seule base d’une solution durable.

D’autres États soutiennent désormais publiquement l’autonomie sous souveraineté marocaine.

Plusieurs pays ont également ouvert des consulats à Laâyoune ou Dakhla.

Dans ces conditions, Rabat peut considérer qu’une modification militaire brutale du terrain lui apporterait relativement peu par rapport aux risques diplomatiques qu’elle pourrait provoquer.

Une stratégie d’attente peut au contraire permettre au Royaume de continuer à accumuler des reconnaissances et des investissements internationaux.

Les 20 % représentent-ils encore un véritable enjeu économique ?

Relativement peu.

C’est l’un des éléments essentiels pour comprendre la stratégie marocaine.

L’essentiel de la population, du littoral, des ports, des ressources exploitées et des infrastructures se trouve déjà dans la partie administrée par le Royaume.

Les zones de l’Est présentent principalement une valeur géographique et stratégique.

Pour le Maroc, leur récupération aurait toutefois une portée symbolique considérable : elle ferait disparaître la dernière distinction territoriale de fait entre les différentes parties du Sahara marocain.

Le mur ne séparerait plus deux zones militaires.

Les frontières administrées par le Royaume rejoindraient directement l’Algérie et la Mauritanie sur l’ensemble du territoire.

La question des « 20 % » dépasse donc largement leur valeur économique.

Le mur lui-même pourrait-il disparaître ?

Pas immédiatement.

Le dispositif de défense marocain reste une infrastructure militaire majeure.

Il protège les principales villes et permet aux Forces armées royales de contrôler efficacement les mouvements venant de l’Est.

Même en cas de normalisation politique définitive, son démantèlement physique prendrait probablement des années.

Il existe également une autre difficulté : les mines.

Des décennies de confrontation ont laissé d’importantes zones minées autour du berm, ce qui rendrait toute ouverture du territoire particulièrement complexe. Les études historiques consacrées au dispositif font état de vastes champs de mines antichars et antipersonnel.

Le premier changement serait donc probablement politique avant d’être physique.

Le vrai basculement pourrait avoir lieu à l’ONU

Pour Rabat, l’un des enjeux majeurs de l’après-MINURSO concerne désormais les institutions internationales.

Le communiqué royal du 30 octobre estime que la disparition de la mission devrait conduire à la fin de la saisine périodique du Conseil de sécurité sur cette question.

C’est une ambition majeure.

Pendant plusieurs décennies, chaque renouvellement de mandat remettait automatiquement le dossier sur la table du Conseil.

La disparition de la mission supprime désormais ce rendez-vous annuel.

Le Maroc peut donc chercher à transformer un dossier régulièrement traité comme une question internationale en un processus beaucoup plus largement orienté autour de sa proposition d’autonomie et de ses relations bilatérales avec les grandes puissances.

Il reste toutefois des étapes institutionnelles : le dossier continue d’exister dans d’autres organes onusiens, ce qui signifie que la disparition de la MINURSO ne suffit pas, à elle seule, à fermer l’ensemble du traitement international du sujet.

La stratégie royale semble privilégier maîtrise et patience

Les premières décisions prises depuis le 31 octobre apportent un indice sur la méthode marocaine.

Le Roi Mohammed VI n’a pas annoncé de modification militaire du dispositif.

Il a demandé une application ferme et vigilante des priorités relatives à l’intégrité territoriale et à la sécurité nationale, tout en ordonnant que le ministère de l’Intérieur accompagne de manière organisée le retrait de la MINURSO.

Dans le même temps, le Royaume a réaffirmé son respect volontaire du cessez-le-feu.

Le message peut être lu ainsi : le Maroc considère avoir franchi une étape majeure, mais n’a aucune obligation de précipiter la suivante.

Cette approche correspond à la stratégie diplomatique suivie ces dernières années : accumuler les acquis progressivement et éviter qu’une initiative précipitée ne remette en cause une dynamique considérée à Rabat comme favorable.

Pourquoi reprendre immédiatement les 20 % pourrait ne pas être nécessaire

Une intervention militaire permettrait éventuellement au Maroc d’obtenir rapidement une continuité territoriale complète.

Mais elle transformerait instantanément un avantage diplomatique en crise sécuritaire.

Le calcul marocain pourrait donc être beaucoup plus simple :

Pourquoi prendre par la force aujourd’hui ce qui pourrait être obtenu demain avec un coût politique considérablement inférieur ?

Si les soutiens internationaux à l’autonomie continuent de progresser et si les investissements internationaux dans les provinces du Sud se multiplient, le différentiel entre les deux côtés du mur continuera de s’accentuer.

À terme, le problème des territoires orientaux pourrait devenir une conséquence à régler plutôt que le cœur du différend.

Une autre option : avancer uniquement si une ligne rouge est franchie

Le Maroc peut également conserver une doctrine conditionnelle.

Pas d’avancée militaire tant que la situation reste stable.

Mais intervention si la sécurité nationale, les axes commerciaux ou les frontières du Royaume sont directement menacés.

Guerguerat fournit là encore le modèle.

Rabat avait attendu plusieurs semaines avant d’intervenir en novembre 2020, puis avait présenté son opération comme limitée à la sécurisation de la circulation.

Une stratégie similaire pourrait être appliquée à toute future crise à l’est du mur : action ponctuelle, objectif précis, consolidation du terrain, puis retour à la stabilité.

Ce scénario permettrait au Royaume d’éviter une offensive généralisée tout en conservant la capacité de modifier progressivement la réalité territoriale lorsque ses intérêts l’exigent.

2026 ne ressemble plus à 1991

C’est probablement le constat le plus important.

Lorsque la MINURSO est créée en 1991, le contexte est radicalement différent.

Le mur de défense vient d’être achevé quelques années auparavant.

Le développement économique du Sahara reste limité.

Le Maroc dispose de beaucoup moins de soutiens internationaux explicites.

Les drones, la surveillance satellitaire et les armements de précision n’existent pas sous leur forme actuelle.

Trente-cinq ans plus tard, le rapport de forces politique, économique, militaire et diplomatique a profondément changé.

Et la MINURSO disparaît sans avoir accompli l’objectif qui figurait dans son intitulé même.

Pour Rabat, cette disparition confirme précisément que le cadre conçu en 1991 appartient désormais au passé. C’est la lecture exprimée explicitement par le Cabinet royal le 30 octobre.

Une bataille gagnée ne signifie pas que toutes les étapes sont terminées

La fin de la MINURSO constitue incontestablement un changement stratégique majeur pour le Maroc.

Mais elle ne signifie pas que toutes les questions disparaissent du jour au lendemain.

Le Royaume doit désormais transformer cet acquis en nouvelle réalité diplomatique.

Il doit poursuivre le développement économique des provinces du Sud.

Il doit continuer à élargir le soutien international à l’autonomie.

Et il devra, tôt ou tard, répondre à la question des territoires situés à l’est du mur.

Ce dernier dossier peut être réglé militairement, politiquement, progressivement ou dans le cadre d’un accord final.

C’est précisément cette liberté nouvelle qui constitue peut-être le principal changement de l’après-MINURSO.

Les « 20 % » seront-ils récupérés ?

À court terme, aucun élément officiel ne permet d’annoncer une avancée des Forces armées royales.

Le Maroc a même explicitement réaffirmé son respect du cessez-le-feu.

Mais à plus long terme, la question des zones de l’Est devient nécessairement centrale.

Le Royaume affirme sa souveraineté sur l’ensemble du Sahara marocain, et non uniquement sur les territoires situés à l’ouest du mur.

Le dispositif actuel ne peut donc être considéré, dans la logique marocaine, comme une frontière définitive.

Il s’agit d’un dispositif militaire hérité d’une guerre et d’un équilibre vieux de plusieurs décennies.

La question n’est ainsi peut-être plus :

« Le Maroc récupérera-t-il un jour les 20 % ? »

Mais plutôt :

« Par quel mécanisme la réalité territoriale finira-t-elle par rejoindre la souveraineté revendiquée par Rabat sur l’ensemble du Sahara marocain ? »

Militaire, diplomatique ou négociée, la réponse n’est pas encore connue.

Mais depuis le départ de la MINURSO, cette question se pose désormais dans un environnement entièrement nouveau.

L’après-MINURSO vient seulement de commencer

Le 31 octobre 2026 constitue donc beaucoup plus que la date de départ d’une mission internationale.

C’est la disparition d’un mécanisme qui avait figé le dossier pendant 35 ans.

Le Maroc administre déjà les principales villes, l’ensemble de la façade atlantique, la quasi-totalité de la population et l’essentiel de l’économie du Sahara.

Il bénéficie aujourd’hui d’un environnement diplomatique incomparablement plus favorable qu’au début des années 1990.

Et il vient de voir disparaître une mission que le Cabinet royal considère comme héritée d’un « contexte anachronique et révolu ».

Rabat a pour le moment choisi la maîtrise plutôt que la précipitation.

Cela ne signifie pas que rien ne changera.

Cela signifie que le Royaume dispose désormais de plusieurs options : maintenir le statu quo en attendant que la diplomatie achève le travail, intégrer progressivement les zones orientales dans une solution politique, intervenir ponctuellement lorsque ses intérêts stratégiques l’exigent ou, à plus long terme, parvenir à un contrôle territorial intégral.

Pour la première fois depuis 1991, toutes ces hypothèses doivent désormais être envisagées sans MINURSO sur le terrain.

Et c’est peut-être là que commence réellement la dernière phase du dossier du Sahara marocain.

Documents et sources

L’AUTEUR

YBoulayoun ↗

Auteur et directeur de publication de Chronexium Passionné par l’actualité et animé par le plaisir d’informer, Youssef Boulayoun assure seul la rédaction et la publication des articles de Chronexium. Ce projet personnel est né d’une envie simple : partager l’information, explorer les sujets qui marquent notre époque et donner des repères pour mieux les comprendre. Il s’intéresse particulièrement à l’actualité du Maroc et aux événements internationaux.

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