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CAN 2025 : comment les fake news tentent de fragiliser l’organisation marocaine

La CAN 2025 n’est pas seulement disputée sur les terrains. Elle se joue aussi dans l’espace médiatique, où rumeurs, amalgames et accusations infondées brouillent la lecture des faits.

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CAN 2025 : comment les fake news tentent de fragiliser l’organisation marocaine

Chaque grande compétition internationale génère son lot de critiques. Mais la CAN 2025 au Maroc semble franchir un cap particulier. Depuis le coup d’envoi, les réseaux sociaux et certains médias relaient une accumulation de récits négatifs, souvent déconnectés des responsabilités réelles ou des faits observables. La frontière entre analyse et désinformation devient floue.

La première mécanique repose sur l’amalgame. Des dysfonctionnements ponctuels sont présentés comme structurels. Un problème isolé devient une preuve de désorganisation générale. La nuance disparaît au profit d’un récit global anxiogène, plus vendeur, mais moins fidèle à la réalité du terrain.

La billetterie constitue l’exemple le plus parlant. Les difficultés techniques rencontrées par certains supporters ont été immédiatement imputées à l’organisation marocaine, alors que la gestion de la billetterie relève de la Confédération africaine de football. En mélangeant organisateur logistique et autorité organisatrice de la compétition, le récit déplace artificiellement la responsabilité.

Autre levier fréquemment utilisé : la comparaison biaisée. Les standards appliqués à la CAN 2025 sont parfois plus sévères que ceux observés lors d’éditions précédentes, sans contextualisation. Météo défavorable, affluence exceptionnelle ou contraintes sécuritaires deviennent des “preuves” d’échec, là où ils sont habituellement traités comme des paramètres normaux d’un événement continental.

La désinformation fonctionne aussi par sélection. Les réussites sont minimisées ou ignorées, tandis que les incidents sont amplifiés. Pelouses saluées par les joueurs, sécurité maîtrisée, respect des horaires, accueil des délégations, infrastructures modernisées : ces éléments disparaissent souvent du récit médiatique dominant, car ils contredisent la narration du dysfonctionnement.

Dans certains cas, la critique glisse vers l’intention. Ce n’est plus l’événement qui est jugé, mais le pays hôte lui-même. L’organisation sportive devient un prétexte pour remettre en cause une image, une ambition ou un positionnement régional. La CAN se transforme alors en terrain de projection de rivalités politiques et symboliques.

Ce phénomène n’est pas anodin. À l’ère des réseaux sociaux, la perception précède souvent la réalité. Une information répétée, même approximative, finit par s’imposer comme une vérité émotionnelle. Le danger n’est pas la critique, indispensable à tout débat sain, mais la construction d’un récit biaisé présenté comme factuel.

Face à cette dynamique, la réponse ne peut être uniquement défensive. Elle doit être factuelle, documentée et cohérente. Distinguer clairement les responsabilités, rappeler les cadres organisationnels et replacer chaque incident dans son contexte est devenu un enjeu de crédibilité autant que de communication.

La CAN 2025 illustre ainsi une réalité plus large : les grandes compétitions ne se gagnent plus seulement sur le terrain ou dans les stades. Elles se jouent aussi dans l’espace informationnel. Et dans cette bataille-là, la rigueur des faits reste le seul antidote durable à la désinformation.

L’AUTEUR

Youssef Boulayoun ↗

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